J’ai récemment lu La vie devant soi, cet incontournable rédigé par notre double détenteur du Goncourt, le fameux Romain Gary – ou devrais-je plutôt dire Emile Ajar. Le bouquin sort en 1975, c’est un bébé du XXème siècle. Ce petit tas de feuilles est en partie connu pour être Le Livre – non je ne parle pas de La Bible – de la mystification, son auteur a en effet gagné deux fois le Goncourt grâce à lui. Plutôt pas mal le petit, hein ?

La vie devant soi

Aujourd’hui je vous parle de ce livre pour 5 raisons :

  1. Il est easy easy à lire
  2. L’histoire – malgré sa dimension sociale pas bien marrante – est vraiment jolie
  3. Les personnages sont assez attachants
  4. Pas besoin de se prendre la tête
  5. Si vous pissez beaucoup, ça peut être pas mal de le lire – j’entends par là que vous pisserez moi, si vous voyez c’que j’veux dire
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Le Blé en herbe

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J’ai récemment lu Le Blé en herbe de Colette. Cette nouvelle publiée en 1923 retrace l’initiation tant amoureuse que sexuelle de deux adolescents prénommés Philippe et Vinca. Ces derniers se trouvent, comme chaque année, en vacances en Bretagne ; entre eux, une relation platonique mais néanmoins fusionnelle est nouée. le

J’étais à la recherche d’un livre court, cependant je voulais goûter à une nouvelle plume. Lorsque je lisais l’éducation sentimentale des deux jeunes protagonistes de cette nouvelle je vivais également mon initiation à la langue de Colette, femme aux multiples facettes. Colette was one of world's first 'liberated' women...

Ce livre a su choquer les cœurs pudibonds lors de sa parution, effectivement en plus des deux jeunes amoureux  se découvrant charnellement on apprend que Phil a devancé Vinca en compagnie d’une femme plus âgée. Cette dernière disparaît après bien des après-midi et des nuits passées corps contre corps avec Philippe.

De mon côté, la lecture de ce livre m’a paru difficile : et pourtant Dieu sait que lorsque j’apprécie un bouquin je le dévore rapidement. Ici, les mots ne voulaient pas former de phrases dans mon esprit et l’histoire m’a paru durer une éternité.

De ce court livre, je retiens cette belle phrase prononcée par Phil à Vinca : « On est toujours fou, quand on cherche à savoir ce que veut une femme, et quand on s’imagine qu’elle sait ce qu’elle veut !« 

L’Écume des jours, Boris Vian

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Vous n’avez toujours pas vu le film tourné en 2013 à partir du livre ? Vous avez bien raison.*

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Je m’explique.

L’Écume des jours – ô doux nom – est né en 1947. Ce baby-boomer a pour papa le non moins célèbre Boris Vian. Cet homme – et oui, quel homme – est multitâche : musicien, ingénieur, chanteur, traducteur mais surtout auteur. On peut dire que le Boris il en avait du surnom, dans la catégorie il est même champion mais ce roman-ci est bien signé de sa plume. Cependant ce roman est un mauvais présage pour son auteur qui à l’image de son héroïne, se verra emporté par une maladie qui n’est malheureusement pas comparable à un nénuphar. Malgré une reconnaissance actuelle assez évidente – rappelons que le dit bouquin rentre dans les éditions de la Pléiade en 2010 – ses contemporains n’ont pas apprécié ce roman à sa juste valeur.

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On peut couper le livre en deux, mais un peu de tenue tout de même … repose donc cet opinel ! Dans un premier temps on retrouve Colin, 21 ans, célibataire, fortuné. Non, nous ne sommes pas dans un épisode du bachelor. Je reprends :

Il était une fois le jeune Colin, il vivait paisiblement dans un monde enchanté où d’une simple mélodie un piano peut produire un cocktail. Ce jeune homme a pour ambition de devenir amoureux, bavant devant l’histoire d’amour naissante entre son ami Chick qui, lors d’une conférence de Jean Sol Patre – dont Chick fait la collection -, a rencontré la jeune et belle et douce Alise – qui est par ailleurs la nièce de Nicolas, le cuisinier et ami de Colin. Mais c’est à l’anniversaire du chien d’Isis, une connaissance de Colin, que ce dernier fait la rencontre de Chloé, qui est tout aussi charmante qu’Alise. Les deux tourtereaux se marient, cependant -ô monde infâme – Chloé se sent toute patraque lors de leur lune de miel. (C’est là que l’on peut sortir ce magnifique petit gadget d’origine suisse) Malheureusement, il s’agit d’un mauvais présage : elle est atteinte d’une grave et terrible maladie, un nénuphar. Oui. Juste là. Niché dans le poumon droit. Le remède ? Ne pas boire et s’entourer de fleurs afin de l’empêcher mais également le dissuader de fleurir. Colin se ruine chez les fleuristes afin de sauver sa promise, il va même jusqu’à chercher un travail et se rendre ainsi compte du terrible et funeste capitalisme qui régit le monde. Malgré tous ses efforts, Colin voit partir sa belle.

Quelques extraits qui donnent envie …

« Une certaine familiarité n’est admissible que lorsque l’on a gardé les barrières ensemble » dit Nicolas au chapitre VI

Tandis que Colin au chapitre XLIV explique que « Le plus clair de mon temps, je le passe à l’obscurcir »

Au chapitre XI par contre ils « échangeaient des impressions peu convaincantes d’un air peu convaincu« , puis

Pourquoi lire ce roman :

  1. Pour connaître l’histoire – qui, rappelons-le, est rentrée dans la culture française – sans regarder le film. 
  2. Pour le monde égayé de couleurs et d’imprévus et de drôleries et d’ingéniosités créé dans ce petit bouquin ;
  3. Oui, petit bouquin est le terme adapté étant donné que je ne dénombre que 170 pages dans mon édition, ce qui est relativement peu comparé à Proust – je tiens à le préciser.
  4. Pour – enfin – lire une belle, une merveilleuse, une attendrissante, une rocambolesque, une anéantissante, une prenante, une tournante, une voltigeante histoire d’amour comme vous n’en avez jamais lue. Ce n’est pas pour rien que Raymond Queneau parle de ce bouquin comme du « Plus poignant des romans d’amour contemporains« .

Si tu n’as pas encore lu ce roman :

Alors, vas-y fais lui mal !

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* Je tiens à préciser que le film n’est pas mal, et Chloé est très bien interprétée par Audrey le Tatou il serait juste dommage de se priver d’une si belle lecture qui est un bel exercice d’imagination.

Du côté de chez Swann, Proust

Bouquins et bouquetins

Vous savez le gros pavé qui prend la poussière et traîne dans CHAQUE bibliothèque, il donne pas envie vu la taille – et encore, on parle que du premier tome ou devrais-je dire l’incipit de La Recherche du temps perdu – la seule oeuvre de Proust.

Du côté de chez Swann

J’ai donc lu ce bouquin, ce fameux Du côté de Chez Swann de Proust. Il commence la rédaction suite à une révélation : pastichant l’imparfait flaubertien, il s’amuse à écrire l’incipit et là … magie. Paru en 1913 il a d’abord essuyé pas mal de refus de la part des petites maisons d’édition dans la prairies, notamment par Gide en 1912. Ouais, faut dire que le petit Marcel suit pas trop la norme : en ce moment – en l’an de grâce 1913 – ce sont les avant-gardistes qui sont au-dessus du game (Kandinsky, Duchamp, le dadaïsme), il est pas dans la pop culture : il kiffe Vermeer, Chopin, Bergson lui.

D’ailleurs à propos de Bergson et plus généralement de philosophie, Marcel a un souhait : en frottant la lampe du fameux génie il aimerait appréhender la façon dont la conscience se déploie dans le temps. Pas facile facile le p’tit ! Pour ce faire il use du concept de mémoire involontaire – pour lui ce qui est perdu dans les tréfonds de ta petite mémoire d’éléphant n’est pas perdu,  ça revient inopinément. On parle aussi de réminiscence.

Petit conseil perso : on va pas se mentir la première partie est suuuuuper longue, alors je préconise de lire en priorité le tout début parce-que le « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » est quand même iconique, mais l’épisode de la madeleine aussi. Mais franchement je vous suggère de lire Un amour de Swann, cette partie est beaucoup plus vivante que la première mais aussi plus facile à lire.

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Tient ! Vous vous demandez pourquoi une madeleine ? C’est simple. Déjà une madeleine ça sonne mieux qu’une biscotte, pas vrai ? Ensuite derrière la madeleine y a tout un réseau de références – si si – on peut compter parmi elles Marie-Madeleine qui est témoin de la résurrection du Christ – pas une légère similarité avec les épisodes de réminiscence ? – mais aussi le personnage Madeleine dans François le champi de Sand, que le narrateur va lire avec sa maman …

Pourquoi ne pas lire ce pavé :

1. Parce-que – justement – c’est un pavé.

2. On connaît pas le narrateur, il est là mais il est pas là – en vrai il s’appelle Marcel mais on le saura dans un autre tome, coïncidence ? Je ne crois pas.

3. Et surtout parce-que c’est vraiment un pavé.

Mais pourquoi le lire surtout :

1. La fierté d’avoir lu ce classique de la littérature française, « Un classique est un livre qui n’a jamais finit de dire ce qu’il a à dire » – Calvino

2. La rencontre avec le personnage de Cottard que j’aime beaucoup

3. Les scènes vachement rigolotes pour nous mais moins pour Swann

Proust s’interrogeait : « Suis-je romancier ? », la question reste en suspens – nan j’déconne. C’était pas si mal.