Vous savez le gros pavé qui prend la poussière et traîne dans CHAQUE bibliothèque, il donne pas envie vu la taille – et encore, on parle que du premier tome ou devrais-je dire l’incipit de La Recherche du temps perdu – la seule oeuvre de Proust.

J’ai donc lu ce bouquin, ce fameux Du côté de Chez Swann de Proust. Il commence la rédaction suite à une révélation : pastichant l’imparfait flaubertien, il s’amuse à écrire l’incipit et là … magie. Paru en 1913 il a d’abord essuyé pas mal de refus de la part des petites maisons d’édition dans la prairies, notamment par Gide en 1912. Ouais, faut dire que le petit Marcel suit pas trop la norme : en ce moment – en l’an de grâce 1913 – ce sont les avant-gardistes qui sont au-dessus du game (Kandinsky, Duchamp, le dadaïsme), il est pas dans la pop culture : il kiffe Vermeer, Chopin, Bergson lui.
D’ailleurs à propos de Bergson et plus généralement de philosophie, Marcel a un souhait : en frottant la lampe du fameux génie il aimerait appréhender la façon dont la conscience se déploie dans le temps. Pas facile facile le p’tit ! Pour ce faire il use du concept de mémoire involontaire – pour lui ce qui est perdu dans les tréfonds de ta petite mémoire d’éléphant n’est pas perdu, ça revient inopinément. On parle aussi de réminiscence.
Petit conseil perso : on va pas se mentir la première partie est suuuuuper longue, alors je préconise de lire en priorité le tout début parce-que le « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » est quand même iconique, mais l’épisode de la madeleine aussi. Mais franchement je vous suggère de lire Un amour de Swann, cette partie est beaucoup plus vivante que la première mais aussi plus facile à lire.

Tient ! Vous vous demandez pourquoi une madeleine ? C’est simple. Déjà une madeleine ça sonne mieux qu’une biscotte, pas vrai ? Ensuite derrière la madeleine y a tout un réseau de références – si si – on peut compter parmi elles Marie-Madeleine qui est témoin de la résurrection du Christ – pas une légère similarité avec les épisodes de réminiscence ? – mais aussi le personnage Madeleine dans François le champi de Sand, que le narrateur va lire avec sa maman …
Pourquoi ne pas lire ce pavé :
1. Parce-que – justement – c’est un pavé.
2. On connaît pas le narrateur, il est là mais il est pas là – en vrai il s’appelle Marcel mais on le saura dans un autre tome, coïncidence ? Je ne crois pas.
3. Et surtout parce-que c’est vraiment un pavé.
Mais pourquoi le lire surtout :
1. La fierté d’avoir lu ce classique de la littérature française, « Un classique est un livre qui n’a jamais finit de dire ce qu’il a à dire » – Calvino
2. La rencontre avec le personnage de Cottard que j’aime beaucoup
3. Les scènes vachement rigolotes pour nous mais moins pour Swann
Proust s’interrogeait : « Suis-je romancier ? », la question reste en suspens – nan j’déconne. C’était pas si mal.